
La Pièce - Les Aiguilles
Paris - Le 23 juin 2026
Les coulisses des ateliers Beaubleu se dévoilent à travers les Carnets de bord, une série d'articles imaginée pour raconter les savoir-faire, les techniques et les défis qui accompagnent la création des montres de la Maison.
Après les cadrans frappés dans les ateliers de l'Hôtel de la Monnaie, ce second chapitre s'intéresse aux aiguilles. Des éléments dont les proportions, les finitions et la précision participent pleinement à l'identité de chaque création Beaubleu.
Des premières esquisses aux derniers contrôles, ces composants prennent forme au fil d'une succession de gestes précis. Le reste n'est, finalement, qu'une affaire de détails.
Une affaire de caractère
S'il y a bien un composant qui incarne l'identité de Beaubleu, ce sont les aiguilles. Leur fabrication débute par la découpe de fines bandes de laiton, avant d'être progressivement façonnées pour trouver le juste équilibre entre légèreté, précision et caractère. À chacun ses obsessions.
Leur silhouette ne répond pas uniquement à une intention esthétique. Les finitions polies et satinées révèlent les jeux de lumière, tandis qu'une pointe discrètement intégrée à leur extrémité assure une lecture précise du temps, sans jamais rompre avec la pureté de leur dessin.
Quelques milligrammes près
À première vue, quelques dixièmes de millimètre paraissent anecdotiques. En horlogerie, ils changent pourtant beaucoup de choses.
L'épaisseur, le poids et la rigidité de chaque aiguille sont minutieusement calculés afin de préserver le bon fonctionnement du mouvement. Quelques milligrammes supplémentaires suffisent à modifier son comportement, tandis qu'une aiguille trop fine peut perdre en stabilité.
Pour La Pièce, l'aiguille des heures mesure 10 mm de diamètre, celle des minutes 18 mm, pour une épaisseur d'environ 0,3 mm. Des dimensions qui imposent un dialogue permanent entre légèreté, rigidité et exactitude.
Chaque perçage est réalisé avec une minutie extrême afin d'assurer un alignement parfait avec le mouvement et le cadran. Rien n'est laissé au hasard.
Le jeu des reflets
Les aiguilles de La Pièce ne sont pas peintes. Leur teinte et leur aspect final naissent directement du métal grâce à une succession de traitements de surface. Selon les modèles, polissage, satinage ou micro-texturage viennent révéler des jeux de lumière propres à chaque finition.
La lumière, elle, ne laisse rien passer.
Une rayure, une variation de texture ou un reflet mal maîtrisé imposent immédiatement une reprise complète de la pièce.
Chaque aiguille est inspectée à plusieurs reprises avant son assemblage afin de garantir une qualité de finition parfaitement homogène.
L'air de rien
Signature de Beaubleu, la seconde volante conserve ici sa présence aussi discrète que singulière.
Tout commence par la découpe d'un disque de seulement 0,17 mm d'épaisseur. Un axe central est ensuite développé afin d'assurer une rotation parfaitement régulière. Quelques milligrammes de trop, et l'équilibre disparaît.
Puis vient la tampographie. Le cercle des secondes reçoit une impression à effet poudré, tandis que le chapeau central adopte une finition satinée ou polie selon les modèles. L'air de rien, cette opération figure parmi les plus délicates de la fabrication.
La viscosité de l'encre, la pression exercée et le temps d'application sont rigoureusement maîtrisés afin d'obtenir un rendu parfaitement homogène. C'est souvent ici que tout se joue.
Le dernier mot
Avant leur assemblage, chaque aiguille est inspectée individuellement. Dimensions, planéité, finitions et teintes sont minutieusement examinées afin de garantir une intégration irréprochable au cadran.
Ces vérifications jalonnent l'ensemble de leur fabrication. Surfaces polies, finitions satinées, régularité des reflets et homogénéité des teintes sont passées au crible avant de rejoindre l'atelier d'assemblage.
Lors de la pose, les horlogers procèdent à un ultime ajustement afin d'éviter tout contact entre les éléments au cours de leur rotation. Une opération particulièrement sensible pour les aiguilles circulaires Beaubleu, dont la trajectoire ne ressemble décidément à aucune autre.



















