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Boitier collection La Pièce de Beaubleu

La Pièce - Les Boitiers

Paris - Le 23 Juillet 2026

Les coulisses des ateliers Beaubleu se dévoilent à travers les Carnets de bord, une série d'articles imaginée pour raconter les savoir-faire, les techniques et les défis qui accompagnent la création des montres de la Maison.

Après les aiguilles, ce troisième chapitre est consacré aux boîtiers. Suivons leur fabrication, de la matière brute à la pièce finie.

Le boîtier protège le mouvement, accueille le cadran et les aiguilles, tout en assurant l'équilibre de la montre au poignet. À ces fonctions s'ajoutent des exigences de robustesse, de précision et d'étanchéité.

Pour La Pièce, il ne s'agissait pas simplement de dessiner un nouveau boîtier, mais de poursuivre une réflexion autour des proportions, de la lumière et de la tension des volumes. La silhouette d'une montre se dessine souvent bien avant son assemblage.

L'art et la matière

Tout commence par l'étampage. Sous l'action de poinçons et de matrices, le métal est progressivement comprimé jusqu'à se rapprocher de sa géométrie définitive.

À chaque frappe, la matière se déplace, se densifie et gagne en précision. La répartition du métal conditionne directement la justesse des volumes ainsi que la netteté des lignes.

Entre chaque passage, la pièce est recuite afin de retrouver sa souplesse avant un nouveau relevé des dimensions et des épaisseurs. Rien de très spectaculaire. En apparence.

Une fois l'étampage achevé, le boîtier entre en usinage. C'est à ce moment qu'il acquiert ses dimensions définitives. Les différentes surfaces sont travaillées avec des tolérances infimes afin d'assurer un alignement parfait entre la lunette, le fond de boîte et l'ensemble des composants. Quelques microns suffisent parfois à tout changer.

Maintenir une parfaite stabilité de la pièce tout au long de l'usinage constitue l'un des principaux défis de cette opération. Sous l'effet des contraintes mécaniques, la matière peut légèrement se déformer. Le contraire eût été étonnant.

La vérité est dans les reflets

Le polissage révèle les lignes du boîtier autant qu'il les façonne. Chaque courbe, chaque arête et chaque transition entre surfaces polies et satinées sont reprises jusqu'à obtenir des reflets parfaitement homogènes.

Les reflets deviennent alors le meilleur outil de contrôle. Une micro-rayure ou une pression mal maîtrisée suffisent à reprendre l'ensemble de l'opération. Les trois modèles en or rose reçoivent ensuite un traitement PVD consistant à déposer une fine couche métallique sur l'acier afin d'obtenir leur teinte finale.

Température, durée d'exposition et préparation de la surface doivent être parfaitement maîtrisées afin de garantir un dépôt homogène et durable. À chacun ses obsessions.

Le goût du contraste

Le satinage consiste à créer de fines rayures parallèles directement dans la matière afin d'obtenir cette finition caractéristique.

Pendant l'opération, les zones polies sont soigneusement protégées. Un simple débordement suffit à reprendre certaines finitions, parfois même plusieurs opérations successives. Comme souvent, tout est affaire de détails.

Voir plus loin

Pour La Pièce, un verre saphir double dôme a été retenu, avec une courbure sur ses faces extérieure et intérieure. Cette géométrie accentue les distorsions en périphérie du cadran, améliore la lisibilité sous différents angles et crée une transition plus progressive avec celui-ci.

Le saphir conserve naturellement sa résistance aux rayures et aux chocs.

Avant validation, chaque boîtier est examiné sous plusieurs éclairages afin de révéler la moindre irrégularité. Géométrie, finitions et qualité des surfaces sont inspectées une dernière fois avant de rejoindre l'atelier d'assemblage.

Le dernier mot revient toujours à l'œil humain. Cela va sans dire.